NOUVEAU SITE

http://www.prixeuropeendelitterature.eu/home.asp

Publié dans : Attention! NOUVEAU SITE | le 9 février, 2010 |Commentaires fermés

ATTENTION: RENDEZ-VOUS SUR LE NOUVEAU SITE:

http://www.prixeuropeendelitterature.eu/home.asp

Publié dans : Non classé | le 9 février, 2010 |Pas de Commentaires »

3è Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg

3RD EUROPEAN FESTIVAL OF LITERATURE IN STRASBOURG

3-CIE EUROPEJSKIE SPOTKANIA LITERACKIE W STRASBURGU

Organisées avec le soutien de l’Université Marc Bloch, de la Drac Alsace et de la Librairie Internationale Kléber, en collaboration avec la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg, le Conseil Régional d’Alsace, l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace, le Consulat Général de Pologne, l’Institut polonais du Livre de Cracovie, la BMS, la Cathédrale de Strasbourg, la revue littéraire Europe, le magazine La Vie, la Revue Alsacienne de Littérature, les DNA, les Éditions Arfuyen.

VENDREDI 29 FÉVRIER 2008

14 H -16 H 30

PALAIS UNIVERSITAIRE

Hommage à Jean Bollack – Ami et lecteur de Paul Celan

bollack.jpg

Avec Jean Bollack, Yves Lehmann et Patrick Werly

Jean Bollack est né à Strasbourg en 1923. Depuis plus de quarante ans, son travail a modifié la compréhension des textes de l’antiquité grecque. Ami et lecteur de Paul Celan, il a également renouvelé en profondeur l’approche de cette œuvre si souvent incomprise voire dénaturée par ses commentateurs.

Ouverture des Rencontres Européennes de Littérature par Bernard Michon, président de l’Université Marc Bloch, Claude Vigée et Jacques Goorma.

Antiquité et modernité dans l’œuvre de Jean Bollack, par Yves Lehmann, doyen de l’UFR Lettres. Pour saluer le retour d’un Strasbourgeois dans sa ville, par Patrick Werly, enseignant-chercheur en Lettres. Lire Paul Celan, par Jean Bollack.

 

 

16 H 45 – 18 H 15

PALAIS UNIVERSITAIRE

Autour de Jean Geiler de Kaysersberg

imageintrieurp5geilerlanefdessages.jpg

Avec Christiane Koch, Francis Rapp, Bernard Eckert et Rémy Vallejo

Nombreux sont les visiteurs de la cathédrale de Strasbourg qui s’arrêtent devant la chaire de pierre finement ciselée par Hans Hammer en 1485. Mais peu de gens savent que cette merveille a été sculptée tout exprès pour honorer le plus grand prédicateur qu’ait connu la ville, Jean Geiler de Kaysersberg. Sa renommée s’était étendue si loin que l’empereur lui-même avait tenu à s’entretenir avec lui en tête à tête, presque d’égal à égal. Le prédicateur ne faisait rien pourtant pour flatter les puissants. Je suis le veilleur, disait-il, mon rôle est de donner l’alerte. Quand j’aperçois les flammes de l’incendie, je souffle dans ma trompe à pleins poumons !

Présentations par Christiane Koch, traductrice de Geiler de Kaysersberg, par le Pr Francis Rapp, membre de l’Institut, par Bernard Eckert, archiprêtre de la Cathédrale de Strasbourg, et par Rémy Vallejo, dominicain.

 

 

20 H 30 – 21 H 45

CRYPTE DE LA CATHÉDRALE DE STRASBOURG

Jean Lorrain lit Jean Geiler

 

Pour la première fois depuis cinq siècles retentissent à nouveau dans la Cathédrale de Strasbourg ces textes tout spécialement conçus pour elle et qui viennent seulement d’être traduits en français.

 

 

SAMEDI 1ER MARS 2008

 

10 H – 11 H

 

LIBRAIRIE INTERNATIONALE KLÉBER

Autour de Bernard Vargaftig

vargaftig.jpg

Avec Bernard Vargaftig, Jean-Baptiste Para et Pascal Maillard

Il reste quelques écrivains qui détestent les estrades et la publicité. Ce ne sont pas les moins im­portants. Pudique à l’extrême, Bernard Vargaftig est de ceux-là. Depuis plus de quarante ans, il a conçu une œuvre poétique riche et abondante, d’une rare exigence. Toujours soucieux d’inscrire le maximum de vie et de subjectivité dans son langage, le poète n’a pas cessé d’inventer une écoute du corps, de la mémoire et du silence, une écoute de l’Autre qui renouvelle la lyrique amoureuse aussi bien que l’écriture de soi.

Présentation du poète par Pascal Maillard, enseignant à l’UMB.

Hommage à Bernard Vargaftig par Jean-Baptiste Para, directeur de la revue Europe.

Discours de réception du Prix de Littérature Nathan Katz 2008 suivi de lectures de et par Bernard Vargaftig.

 

 

11 H – 12 H

CINÉMA L’ODYSSÉE

Dans les jardins de mon père

Projection du fi lm documentaire écrit par Cécile Vargaftig et réalisé par Valérie Minetto, suivie d’un dialogue entre la réalisatrice, la scénariste et le poète.

 

 

13 H – 14 H

HÔTEL DE VILLE, PLACE BROGLIE

Remise solennelle du Prix Européen de Littérature et des Prix littéraires Nathan Katz 2008

 

Robert Grossmann, président de la Communauté Urbaine de Strasbourg, pour le Prix Européen de Littérature, Bernard Michon, président de l’Université Marc Bloch, et François Laquièze, directeur de la DRAC Alsace, pour le Prix de Littérature Nathan Katz, et Justin Vogel, vice-président du Conseil Régional d’Alsace, pour le Prix du Patrimoine Nathan Katz.

 

 

15 H – 17 H 30

LIBRAIRIE INTERNATIONALE KLÉBER

Autour de Tadeusz Rozewicz (Pologne)

Rosewicz

Avec Tadeusz Rozewicz, Christophe Jezewski, Claude-Henry du Bord, Alain Van Crugten et Vladimir Fisera

Poète, dramaturge, scénariste, nouvelliste, Rozewicz appartient à la première génération née et éduquée après que la Pologne ait retrouvé son indépendance en 1918. Cette génération, à laquelle semblait s’ouvrir un avenir de liberté, a eu 20 ans dans un pays occupé par les nazis et a vécu sa maturité sous une dictature communiste. Plus qu’aucune autre, l’œuvre de Rozewicz, dans sa noirceur comme dans son espérance, porte les stigmates de cette terrible période de l’histoire européenne.

Le discours de réception du Prix Européen de Littérature 2008 par Tadeusz Rozewicz sera suivi des interventions des traducteurs de sa poésie et de son théâtre ainsi que de lectures de ses textes en polonais et en français.

 

 

LES LIEUX DES MANIFESTATIONS – STRASBOURG

Palais Universitaire, salle Louis Pasteur – Place de l’Université

Cathédrale de Strasbourg, Crypte

Librairie Internationale Kléber – 1 rue des Francs Bourgeois

Cinéma l’Odyssée – 3 rue des Francs Bourgeois

 

ENTRÉE LIBRE

 

Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL)

Secrétariat Général : 1 Impasse du Lavoir, 67310 Scharrachbergheim

Tél. 03 88 50 60 34 / 06 74 08 39 39 • asso.acel@wanadoo.frhttp://acel.unblog.fr/

 

3e RENCONTRES EUROPÉENNES DE LITTÉRATURE À STRASBOURG

Créée à Strasbourg en 2005, l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) déœrne chaque année trois prix littéraires : le Prix Européen de Littérature, le Prix de Littérature Nathan Katz et le Prix du Patrimoine Nathan Katz. Les trois prix sont remis dans le cadre des Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg organisées avec le soutien de l’Université Marc Bloch, de la DRAC Alsaœ et de la Librairie Internationale Kléber.

POURQUOI DES RENCONTRES EUROPÉENNES DE LITTÉRATURE ?

Pour surmonter les conflits du passé et faire faœ à l’émergenœ de nouvelles superpuissances, l’Europe doit construire son unité. Ce travail est en cours au niveau des institutions politiques et des relations économiques, mais l’Europe des peuples reste loin en arrière. Les peuples d’Europe ne se connaissent pas, et moins encore ceux qui ont été séparés durant tant d’années par le « rideau de fer ». Cette mauvaise connaissanœ mutuelle est essentiellement liée à une ignorance presque totale de la culture de l’autre. Faire avancer l’Europe des peuples, c’est donc faire avancer l’Europe des cultures. Le grave retard pris à cet égard risque de fragiliser, on s’en aperçoit aujourd’hui, l’ensemble de la construction européenne.

L’idée des Rencontres Européennes de Littérature, intimement liée à celle du Prix Européen de Littérature, est à la fois simple et ambitieuse : contribuer à une meilleure connaissance mutuelle des peuples européens à travers les grandes figures contemporaines de leur culture, ces « Victor Hugo » qui en sont aujourd’hui les vivants symboles. C’est en donnant à chaque pays d’Europe un visage, celui de son plus grand écrivain actuel, que nos pays pourront le mieux apprendre à s’estimer et se comprendre.

POURQUOI À STRASBOURG ?

En tant que siège du Conseil de l’Europe, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du Parlement Européen, Strasbourg a naturellement bien des titres pour être le lieu de cet événement. Mais Strasbourg peut revendiquer au plan culturel une légitimité non moindre, tant par son histoire – de Gutenberg à Jean Hans Harp, en passant par Eckhart, Gœthe et Schweitzer – et sa symbolique cathédrale, que par ses universités, ses bibliothèques, ses théâtres, ses musées et ses grandes manifestations internationales.

UNE APPROCHE EUROPÉENNE DES LITTÉRATURES RÉGIONALES ET FRANCOPHONES

Faire connaître les grandes figures de la littérature européenne d’aujourd’hui ne suffit pas : il faut les mettre en correspondance avec les œuvres des grands écrivains francophones contemporains, mais aussi faire sentir dans la richesse exceptionnelle du patrimoine culturel de l’Alsace, carrefour des langues et des cultures, la fécondité d’une approche européenne de la culture, au-delà des clivages et des conflits qui ont marqué l’histoire. C’est la complémentarité de ces trois démarches qui permet de donner à chacune sa pleine signification dans une perspective à la fois régionale, francophone et européenne.

L’ASSOCIATION CAPITALE EUROPÉENNE DES LITTÉRATURES (ACEL)

Placées sous la présidence d’honneur de Claude Vigée, les Rencontres Européennes de Littérature sont organisées par l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) avec le soutien de l’Université Marc Bloch, de la DRAC Alsace et de la Librairie Internationale Kléber, en collaboration avec la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg et le Conseil Régional d’Alsace.

 

Publié dans : 3e Rencontres | le 12 février, 2008 |3 Commentaires »

LE PRIX DU PATRIMOINE NATHAN KATZ

1.       MOTIVATIONS DU PRIX 

Le patrimoine littéraire de l’Alsace est certainement de très loin le plus riche de tous les patrimoines littéraires des régions de France. Il s’étend sur une durée particulièrement longue, du moyen âge à nos jours. Il s’exprime à travers un grand nombre de langues : le latin médiéval, l’allemand dans les différentes formes de son évolution – du vieux haut-allemand (à partir du VIIIe-IXe siècle) au moyen haut-allemand (à partir du XIIe siècle) et au haut-allemand moderne (à partir du XVIe siècle), le dialecte dans ses diverses expressions locales (alémanique, francique, judéo-alsacien…) et le français (à partir du XVIIIe siècle). Il présente les genres littéraires les plus divers : textes spirituels, pamphlet, satires, fables, poésie, théâtre, récits, romans, lettres, mémoires…   Cet immense patrimoine est malheureusement, du fait même de sa richesse et de sa diversité, très largement inaccessibles : les publications en langue originale n’ont pas été rééditées et les textes, mêmes en dialecte, ne sont souvent plus lisibles que par un nombre réduit de personnes.  Face à cette situation, le travail de traduction et d’édition reste très limité : les plus grands classiques du patrimoine littéraire de l’Alsace sont encore à traduire, de Jean Geiler de Kaysersberg à Gustave Stoskopf en passant par le théâtre d’Arnold. Et les quelques traductions qui existent sont souvent épuisées et non rééditées, ou dorment dans l’attente d’une première édition.   Compte tenu de la difficulté des œuvres concernées et de la richesse parfois archaïsante des langues dans lesquelles elles ont été écrites, il y a urgence à faire appel aux traducteurs de plus en plus rares qui possèdent à la fois les compétences linguistiques et le talent littéraire permettant une traduction vivante et juste de ces textes bien souvent de très haute qualité et qui constituent des atouts précieux pour l’avenir de l’Alsace. 

2. OBJECTIFS DU PRIX 

Le Prix du Patrimoine Nathan Katz distingue une œuvre du patrimoine littéraire alsacien, du moyen âge à nos jours, écrite en dialecte ou en allemand et encore peu ou pas traduite en français, afin de témoigner de la richesse exceptionnelle d’une culture profondément marquée par le dialogue des langues et des cultures et de l’urgence de surmonter les clivages liés à l’histoire du XXe siècle.  Ce Prix récompense également le travail d’un traducteur grâce à qui une œuvre de premier plan, reléguée dans l’oubli par l’uniformisation de la langue et la massification de la culture, peut redevenir accessible aux lecteurs. Le Prix du Patrimoine Nathan Katz est décerné par les Jurys littéraires Nathan Katz conjointement avec le Prix Européen de Littérature (placé sous le haut patronage du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe et parrainé par la Ville de Strasbourg) et le Prix de Littérature Nathan Katz (parrainé par l’Université Marc Bloch et la DRAC). C’est la complémentarité de ces trois Prix qui permet, dépassant une approche purement régionaliste, de donner à chacun d’eux sa pleine signification dans une perspective à la fois régionale, francophone et européenne. 

3.      ORGANISATION 

Le Prix du Patrimoine Nathan Katz est animé par une association totalement dédiée et sans but lucratif, l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) dont le siège est 23, place du Marché Gayot, à Strasbourg.  Placé sous la présidence d’honneur de l’écrivain Claude Vigée, le Jury du Prix est composé d’écrivains, de traducteurs, d’éditeurs et d’universitaires. Il comprend onze membres : Adrien Finck, Jean-Paul Gunsett, Dominique Huck, Gaston Jung, Gérard Littler, Armand Peter, François Pétry, Gérard Pfister, Jean-Paul Sorg, Claude Vigée, Jean-Claude Walter. Le secrétariat du Jury est assuré par Gérard Pfister.  

4.      PALMARES 

Le Prix du Patrimoine Nathan Katz a été décerné pour la première fois en 2005. Compte tenu du travail de préparation avec les auteurs, les traducteurs et les partenaires du Prix, les Lauréats sont désignés deux ans avant la remise officielle du Prix. Il est donc dès à présent possible d’évoquer les noms des six premiers Lauréats :  Prix 2005 : Jean Hans Arp, traduit de l’allemand par Aimée Bleikasten Prix 2006 : Albert et Adolphe Matthis, traduits du dialecte alsacien par Gaston Jung. Prix 2007 : Alfred Kern, traduit de l’allemand par Jean-François EynardPrix 2008 : Jean Geiler de Kaysersberg, traduit du moyen-haut-allemand par Christiane Koch. 

5.      PARRAINAGE ET PARTENARIATS 

Le Prix du Patrimoine Nathan Katz est parrainé depuis sa création par l’Office pour la Langue et la culture d’Alsace (OLCA) et le Conseil Régional d’Alsace. Il développe de nombreux partenariats institutionnels : DRAC Alsace, Université Marc-Bloch, Librairie Internationale Kléber, Bibliothèque Nationale Universitaire (BNU), Bibliothèque Municipale de Strasbourg (BMS), DNA, Revue Alsacienne de Littérature, Éditions Arfuyen… 

6.      MANIFESTATIONS 

Le Prix du Patrimoine Nathan Katz est remis chaque année au cours d’un ensemble de manifestations intitulées Rencontres Européennes de Littérature.    En 2008 ces Rencontres auront lieu les vendredi 29 février et samedi 1er mars en collaboration avec l’Université Marc-Bloch et la Librairie Internationale Kléber dans la salle d’honneur du Palais Universitaire et à la Librairie Internationale Kléber.  Une réception solennelle est donnée le samedi midi à l’Hôtel de Ville de Strasbourg au cours de laquelle sont remis les Prix littéraires Nathan Katz : Prix du Patrimoine, Prix de Littérature et Prix Européen. 

Publié dans : LE PRIX DU PATRIMOINE | le 11 février, 2008 |4 Commentaires »

LE PRIX EUROPEEN DE LITTERATURE

« DONNER UN VISAGE A CHAQUE PAYS D’EUROPE » 

1.       Motivations Du PRIX 

Pour surmonter les conflits du passé et faire face à l’émergence de nouvelles superpuissances, l’Europe doit construire son unité. Ce travail est depuis longtemps en cours au niveau des institutions politiques et des relations économiques. Mais aujourd’hui encore, les peuples d’Europe se connaissent mal, et davantage encore ceux qui ont été séparés durant tant d’années par le « rideau de fer ». Cette méconnaissance est largement liée au manque d’ouverture sur la culture de l’autre. Faire avancer l’Europe des peuples, c’est faire avancer l’Europe des cultures. À cet égard, la Déclaration en faveur d’une charte pour l’Europe de la culture adoptée à Paris le 3 mai 2005 constitue une prise de conscience encourageante : « Nous, représentants d’États membres de l’Union Européenne, convaincus que la culture est à l’origine de l’Europe dans laquelle nous vivons et qu’elle représente une dimension fondamentale de l’identité et de la citoyenneté européennes, nous engageons à faire de la culture une priorité de la construction européenne. » 

2.       OBJECTIFS 

L’idée du Prix Européen de Littérature est à la fois simple et ambitieuse : contribuer à une meilleure connaissance mutuelle des peuples européens à travers les grandes figures contemporaines de leur culture, ces « Victor Hugo » qui en sont aujourd’hui les vivants symboles.  C’est en donnant un visage à chaque pays d’Europe, celui de son plus grand écrivain contemporain, que nos pays pourront le mieux apprendre à s’estimer et se comprendre. 

3.   STRASBOURG, SIEGE DU PRIX 

En tant que siège du Conseil de l’Europe, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du Parle­ment Européen, Strasbourg a naturellement vocation, au plan politique, à être le lieu de cet événement.  Strasbourg y a une tout aussi forte légitimité culturelle, tant par son rôle historique de carrefour européen des créateurs – de Jean Eckhart à Jean Arp, en passant par Gutenberg, Mozart ou Goethe – et la puissance symbolique exceptionnelle de sa cathé­drale, que par ses nombreux lieux et événements de culture et de création.  C’est pourquoi il revenait à Strasbourg, capitale européenne et ville de culture, d’avoir l’initiative de la création du Prix Européen de Littérature et d’en être le siège. Dans le même esprit qui a mené la ville de Strasbourg, dès 2003, à susciter la création du « Club de Strasbourg », qui réunit aujourd’hui 38 capitales et métropoles régionales européennes réparties dans treize pays et qui a pour ambition de  « bâtir l’Europe au quotidien », le Prix Européen de Littérature veut faire en sorte que chacune des cultures de l’Europe d’aujourd’hui ait enfin pour les autres un visage et une voix. 

4.      ORGANISATION 

Le Prix Européen de Littérature est indépendant de toutes les structures officielles avec lesquelles il collabore. Son organisation, ainsi que celle des événements qui l’entourent, est entièrement prise en charge par une association totalement dédiée et sans but lucratif, l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) dont le siège est 23 place du Marché Gayot, à Strasbourg.  Le Jury du Prix, placé sous la présidence d’honneur de l’écrivain Claude Vigée, est composé d’écrivains, de traducteurs, d’éditeurs et d’universitaires : William English, Laurent Fassin, Adrien Finck, Vladimir Fisera, Guy Fontaine, Jacques Goorma, Gaston Jung, Jean-Yves Masson, Jean-Baptiste Para, Gérard Pfister, Paul Schwartz, Anne-Marie Soulier, Claude Vigée, Patrick Werly. Le secrétariat du Jury est assuré par Vladimir Fisera 

5.      PROFIL DES LAUREATS 

Le profil des Lauréats tel que défini dans les documents fondateurs du Prix Européen de Littérature marque la volonté d’établir ses choix sur des critères de qualité et de représentativité au moins aussi exigeants que ceux du Prix Nobel de Littérature. La spécificité du Prix est d’insister fortement sur le rôle éminent des traducteurs dans la transmission des œuvres. « Le Prix Européen de Littérature distingue chaque année, pour l’ensemble de son œuvre, un écrivain européen de stature internationale, afin de témoigner, en un lieu hautement symbolique, de la dimension culturelle de l’Europe et de promouvoir une meilleure connaissance mutuelle des peuples européens à travers leurs grandes figures littéraires. « Ce Prix récompense également le travail d’un traducteur grâce à qui une œuvre européenne de premier plan peut être découverte dans le domaine francophone et accéder à une plus vaste reconnaissance internationale. » 

6.      PALMARES 

Le Prix Européen de Littérature a été décerné pour la première fois en 2006. Compte tenu du travail de préparation avec les auteurs, les traducteurs et les partenaires du Prix, les Lauréats sont désignés deux ans avant la remise officielle du Prix. Il est donc dès à présent possible d’évoquer les noms des quatre premiers Lauréats : 

Lauréat 2006 : Antonio Gamoneda (né en 1931, Espagne). Bourse de traduction : Jacques Ancet. Il est à noter que la justesse de ce choix s’est trouvé confirmée, l’automne suivant, par l’attribution à Antonio Gamoneda des deux plus grands prix hispaniques, le Prix Cervantès et le Prix Reina Sofia  

Lauréat 2007 : Bo Carpelan (né en  1926, Finlande). Bourse de traduction : Pierre Grouix. Signalons que Bo Carpelan, l’un des plus grands écrivains scandinaves vivants, fait partie de la minorité suédophone de Finlande.       

Lauréat 2008 : Tadeusz Rozewicz (né en 1921, Pologne). Bourse de traduction : Claude-Henry du Bord et Christophe Jezewski. Dramaturge, nouvelliste, essayiste et poète, traduit dans de nombreuses langues, Rozewicz est l’un des auteurs majeurs de la littérature polonaise d’aujourd’hui, de large portée humaine et civique, et il peut sembler étonnant que son œuvre n’ait pas eu le Nobel, il est vrai accordé déjà dans les décennies récentes à deux Polonais : Czeslaw Milosz en 1980 et Wislava Szymborska en 1996. 

7.      PARRAINAGE ET HAUT PATRONAGE 

Le Prix Européen de Littérature est parrainé par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg Il est placé sous le haut patronage de M. Terry Davis, Secrétaire général du Conseil de l’Europe. Il est organisé chaque année en étroite association avec les institutions culturelles et les représentations diplomatiques du pays du Lauréat. 

8.      PARTENARIATS 

Le Prix Européen de Littérature développe de nombreux partenariats institutionnels : Université Marc-Bloch de Strasbourg, Librairie Internationale Kléber (Gallimard), Conseil Régional d’Alsace, Ministère de la Culture, Association Lettres Européennes (pour la promotion de l’enseignement de la littérature européenne), Académie Européenne de Luxembourg… 

Publié dans : LE PRIX EUROPEEN | le 7 janvier, 2008 |Pas de Commentaires »

2èmes Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg

VENDREDI 16 & SAMEDI 17 MARS 2007

PALAIS UNIVERSITAIRE

Hommage à Guillevic
(1907-1997)
« Guillevic poète et traducteur »

Rencontres autour de
Bo Carpelan
Marcel Moreau
et de l’œuvre d’Alfred Kern

Organisées avec le soutien de l’Université Marc Bloch et de la DRAC Alsace, en collaboration avec la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg, le Conseil Régional d’Alsace et l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace, le Crédit Mutuel, la Représentation de Finlande auprès du Conseil de l’Europe, le FILI, le magazine La Vie, la revue littéraire Europe, le Printemps des Poètes, la Librairie Internationale Kléber et les Éditions Arfuyen  

VENDREDI 16 MARS 2007

14 h –16 h 30 Palais universitaire

Hommage à Guillevic, poète et traducteur

Ouverture par François Xavier Cuche et Jacques Goorma
Avec Lucie Guillevic, Tivadar Gorilovics (Hongrie), Henri Meschonnic,
Irène Kuhn, Pascal Maillard. Textes lus par Cathy Bernecker et Jean Lorrain

guillev.jpgGuillevic a passé l’essentiel de sa jeunesse en Alsace : à Ferrette où il habitait, à Altkirch où il a fait ses études. Nathan Katz a eu une influence déterminante sur le poète qu’il sera. Et ce n’est certes pas un hasard si, pour lui, poésie et traduction resteront toujours étroitement liées : de l’allemand (Brecht, Goethe, Trakl, Stadler…), de l’alsacien (Nathan Katz), mais aussi du hongrois, de l’arabe et d’autres langues.
Dans le cadre des célébrations nationales du 100e anniversaire de la naissance de Guillevic et du 10e anniversaire de sa mort, l’hommage strasbourgeois est centré sur cet élément fondateur de son œuvre : traduire, écrire.
Témoignages de son épouse Lucie Guillevic et de son ami Henri Meschonnic. Interventions de Tivadar Gorilovics (Université de Debrecen), qui travailla avec Guillevic à de nombreuses traductions. Interventions d’Irène Kuhn et de Pascal Maillard. Lectures en hongrois, allemand, alsacien et français.

17 h – 18 h 30 Palais universitaire

Autour de l’œuvre d’Alfred Kern

Avec Pascal Kern et Jean-François Eynard,
Jean-Luc Eichenlaub, Michel Fuchs, Gérard Pfister, Albert Strickler,
Jean-Claude Walter. Textes lus par Cathy Bernecker

kern2.jpgAlfred Kern est mort à Colmar en 2001, laissant une masse considérable d’inédits, conservés pour l’essentiel aux Archives départementales du Haut-Rhin. Il est temps de s’apercevoir que cette œuvre est pour l’Alsace l’une des plus importantes du XXe siècle. C’est pour contribuer à cette découverte que le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2007 lui a été attribué. Le Prix distingue le traducteur, Jean-François Eynard, qui s’est attaché à faire connaître en français le noyau secret du travail d’écriture de Kern, ses poèmes allemands.
Après une enfance à Schiltigheim et des études à Strasbourg, Alfred Kern a longtemps été professeur à Paris, à l’École Alsacienne. Il a été publié aux Éditions de Minuit à la grande époque des Samuel Beckett et Claude Simon. Cinq romans paraissent ensuite chez Gallimard, dont cette extraordinaire épopée tragi-comique de la Mitteleuropa qu’est Le Clown (1957). Le Bonheur fragile remporte en 1960 le prix Renaudot. Après Le Viol (1964), il entre dans un long silence pour se consacrer à une recherche scientifique. Il s’installe au-dessus de Munster, face aux sommets du Hohneck et du Petit Ballon. Son travail s’oriente vers d’étranges compositions photographiques, dont il donne plusieurs expositions, et surtout la poésie : Gel & Feu (1989), Le Point vif (1991), Le Carnet blanc (2002).
Témoignages de son fils, le plasticien Pascal Kern, et de ses amis Albert Strickler, Jean-Claude Walter et Michel Fuchs. Présentation du Fonds Alfred Kern par le directeur des Archives départementales du Haut-Rhin, Jean-Luc Eichenlaub. Lectures en français et allemand. Présentation des poèmes allemands par leur traducteur Jean-François Eynard.

20 h – 22 h Dîner-lecture

Restaurant Strissel

en présence des amis d’Alfred Kern,
des Lauréats et des Membres des Jurys des Prix Littéraires Nathan Katz
et des amis de l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL)

Une occasion d’échanger et discuter à bâtons rompus dans l’ambiance typiquement strasbourgeoise d’une Wynstub légendaire du quartier de la Cathédrale. Prix unique 25 euros, réservation impérative auprès du Secrétariat de l’ACEL (tél. 03 88 50 60 34 / 06 74 08 39 39).

SAMEDI 17 MARS 2007

10 h – 12 h Palais universitaire

Autour de Marcel Moreau

Avec Christophe Van Rossom (Belgique),
Jacques Sojcher (Belgique) et Jacques Goorma

imgp1808.gifMarcel Moreau : récits, essais, fragments, discours, etc. Plus de quarante livres faits en réalité d’une même écriture, violente, sensuelle, raffinée, portée par une pensée libertaire, sauvage. Leurs titres, magnifiques, laissent percevoir la singularité de cet itinéraire : de Quintes (Buchet-Chastel, 1963) et Bannière de bave (Gallimard, 1966) à La Pensée mongole (Christian Bourgois, 1972) et au Discours contre les entraves (ibid., 1979), de Féminaires (Lettres Vives, 2000) à Nous, amant au bonheur ne croyant (Denoël, 2005). Le Prix de Littérature Nathan Katz, qui a rendu hommage en 2005 à Jean Mambrino et en 2006 à Henri Meschonnic a souhaité distinguer cette œuvre flamboyante autant que secrète, celle d’un des plus grands prosateurs francophones d’aujourd’hui.
Christophe Van Rossom est l’auteur de Marcel Moreau : l’insoumission et l’ivresse (éd. Luce Wilquin, 2004), la meilleure somme à ce jour sur l’œuvre de Moreau. Jacques Sojcher, poète et philosophe, est un lecteur passionné des livres de Moreau.
Le Discours de Réception du Prix de Littérature Nathan Katz 2007 par Marcel Moreau sera suivi de lectures de et par Marcel Moreau, des témoignages de Christophe Van Rossom et Jacques Sojcher et d’un dialogue entre Christophe Van Rossom et Marcel Moreau.

13 h – 14 h Hôtel de Ville, rue Brûlée

Remise solennelledu Prix Européen de Littératureet des Prix littéraires Nathan Katz

Robert Grossmann, pour le Prix Européen de Littérature 2007
François Laquièze et F.-X. Cuche, pour le Prix de Littérature Nathan Katz 2007
Justin Vogel, pour le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2007

15 h – 17 h Palais universitaire

Autour de Bo Carpelan

Avec Pierre Grouix, Iris Schwanck (Finlande)
et Vladimir Fisera. Textes lus par Cathy Bernecker

carpelan1small.jpgRomancier, poète, critique, traducteur, Bo Carpelan est aujourd’hui l’une des figures dominantes de la littérature nordique. Il a obtenu en 1977 le Grand Prix Littéraire du Conseil nordique et, fait sans précédent, s’est vu décerner pour la deuxième fois le Prix de Littérature de l’État finlandais à l’occasion de son plus récent roman, Berg (2005).
Vaste roman centré sur la personnalité de son grand-oncle Axel Carpelan et de son ami le compositeur Jean Sibelius, Axel, publié en Finlande en 1986 et traduit en 1989 chez Gallimard par Lucie Albertini et Carl Gustaf Bjurström, est certainement l’une des œuvres les plus révélatrices de l’univers extrêmement singulier de Carpelan.
En mars 2006, le grand poète espagnol Antonio Gamoneda était à Strasbourg pour recevoir le tout premier Prix Européen de Littérature, parrainé par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg. Le Prix Européen de Littérature 2007 a été attribué à Bo Carpelan pour l’ensemble de son œuvre. Il distingue également un traducteur qui s’est consacré à la faire découvrir au public francophone : Pierre Grouix.
Le Discours de réception du Prix Européen de Littérature 2007 par Bo Carpelan sera suivi des interventions d’Iris Schwanck, directrice du Centre d’information de la Littérature Finlandaise à Helsinki, et de Pierre Grouix, ainsi que de lectures de ses textes en suédois et en finlandais.

Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL)
Secrétariat Général : 7, rue du Château, 67310 Scharrachbergheim.
Té l. 03 88 50 60 34 / 06 74 08 39 39 asso.acel@wanadoo.fr

Publié dans : Non classé | le 10 janvier, 2007 |2 Commentaires »

Le Prix Européen de Littérature et les Prix Littéraires Nathan Katz

Créée à Strasbourg en 2005, l’Association Capitale Européenne les Littératures (ACEL) décerne chaque année trois prix littéraires : le Prix Européen de Littérature, le Prix de Littérature Nathan Katz et le Prix du Patrimoine Nathan Katz. Placé sous la présidence d’honneur de Claude Vigée, le Jury Nathan Katz est composé d’écrivains, de traducteurs, d’universitaires et de responsables culturels.

Les trois prix sont remis dans le cadre des Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg organisées au Palais Universitaire en collaboration avec l’Université Marc Bloch et avec le soutien de la DRAC Alsace, de la Bibliothèque Nationale Universitaire et de la Librairie Internationale Kléber.

Parrainé par la Ville et la Communauté Urbaine de Strasbourg, le Prix Européen de Littérature distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un poète ou prosateur européen de stature internationale, afin de témoigner, en un lieu hautement symbolique, de la dimension culturelle de l’Europe ainsi que de l’urgence d’une meilleure connaissance mutuelle de nos pays à travers les grandes figures littéraires qui en sont les symboles. Ce Prix distingue également un traducteur qui contribue à la rencontre entre les grandes œuvres littéraires contemporaines.
Prix 2006 : Antonio Gamoneda (Espagne), traduit de l’espagnol par Jacques Ancet.
Prix 2007 : Bo Carpelan (Finlande), traduit du suédois par Pierre Grouix

Parrainé par l’Université Marc Bloch et la DRAC Alsace, Le Prix de Littérature Nathan Katz distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un poète ou prosateur francophone de premier plan, dont le parcours est particulièrement remarquable par l’originalité et la qualité de son écriture et par la vigueur et l’amplitude de sa vision.
Prix 2005 : Jean Mambrino.
Prix 2006 : Henri Meschonnic.
Prix 2007 : Marcel Moreau

Parrainé par la par le Conseil Régional d’Alsace, l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace et le Crédit Mutuel, le Prix du Patrimoine Nathan Katz distingue une œuvre du patrimoine littéraire alsacien, du moyen âge à nos jours, écrite en dialecte ou en allemand et encore peu ou pas traduite en français, afin de témoigner de la richesse exceptionnelle d’une culture profondément marquée par le dialogue des langues et des cultures. Ce Prix distingue également un traducteur grâce à qui peuvent sortir de l’oubli des œuvres majeures et aujourd’hui encore porteuses d’avenir.
Prix 2005 : Jean Hans Arp, traduit de l’allemand par Aimée Bleikasten.
Prix 2006 : Albert et Adolphe Matthis, traduits du strasbourgeois par Gaston Jung.
Prix 2007 : Alfred Kern, traduit de l’allemand par Jean-François Eynard.

Publié dans : Non classé | le 10 janvier, 2007 |Pas de Commentaires »

AUTOUR DES LAUREATS 2006

PREMIERES RENCONTRES EUROPEENNES DE LITTERATURE A STRASBOURG

AUTOUR DES LAUREATS 2006

Antonio Gamoneda
Henri Meschonnic
Albert et Adolphe Matthis

Vendredi 3 et samedi 4 mars 2006

Avec la participation de
Jacques Ancet
Gaston Jung
Bernard Noël
Serge Pey
Claude Vigée

Autour des Frères Matthis
« En juillet 1919, j’ai fait un séjour prolongé à Uttwil, où Schickele avait acheté une maison. Pendant de longues heures, il me raconta des souvenirs de sa jeunesse alsacienne, souvenirs entre autres des frères Matthis … Il me décrivit ces deux célibataires timides et réservés, prudes à la fois et caustiques qui, derrière ces apparences, cachaient leur jeu, c’est-à-dire leurs qualités de poètes … Ils étaient les premiers, d’après lui, à élever le dialecte alsacien à la hauteur du chant d’Orphée » (Maxime Alexandre).

ALBERT ET ADOLPHE MATTHIS sont nés le 27 décembre 1874 au Val-de-Villé. En 1875 la famille s’installe à Strasbourg, au 49, rue du Faubourg-National. En 1882, premier déménagement pour le 49, Grand-Rue, puis en 1890 pour le 66 de la même artère. En 1892, nouveau déménagement pour le 8, quai des Bateliers. Les frères Matthis y resteront treize ans, écoutant chaque soir de leur fenêtre ouverte cette « cloche de dix heures » (d’Zehnerglock) à laquelle ils consacreront un de leurs poèmes fameux.

Cette époque est pour eux d’une particulière fécondité. Albert écrit l’ascension de la flèche de la cathédrale (Hitt grattle mer bi Wind un Sturm uff d’Schnecke nuff vum Müenschterdhurm) tandis qu’Adolphe consacre un magnifique poème au Mont Sainte-Odile (Uff Sant-Uedilli). Poussés par leurs amis, les frères Matthis se décident à publier des recueils de leurs œuvres, mais toujours par souscription à prix coûtant et à tirage très limité. « Il y a chez les frères Matthis, souligne Alfred Schlagdenhauffen, un curieux mélange de simplicité et de fierté. Ils n’ont jamais recherché les honneurs. La gloire est venue d’elle-même, un jour. Elle est venue de la sincérité de leur effort poétique, et cet effort a été pour eux un besoin. La poésie fut le côté lumineux de leur existence modeste. »
En 1905 les deux frères déménagent à nouveau pour le 13, rue Finkwiller où ils resteront pendant près de vingt ans. La silhouette des deux frères, se promenant d’un pas nonchalant au long des quais de l’Ill est restée légendaire : «Vieux garçons, écrit encore A. Schlagdenhauffen, quelque peu originaux dans leur comportement, vêtus tous deux de même façon, l’œil brillant ou rêveur sous leurs grands feutres noirs à larges bords ; d’un abord craintif et facilement effarouché comme pour s’abriter contre la raillerie toujours aisée. Ajoutons qu’ils étaient affables, délicat et d’une politesse exquise. »
Lorsque éclate la guerre, Albert est envoyé sur le front russe et Adolphe placé en résidence forcée dans le Hanovre. En 1923, nouveau déménagement pour le 6, cour Saint-Nicolas. Le 17 juin 1930 Albert Matthis meurt au terme d’une longue maladie. À son frère il fait cette seule recommandation : « Adolphe, ne dérange pas les amis. Tu m’accompagneras seul au cimetière de Saint-Gall où je t’attendrai. » Adolphe loue une pièce au 6, quai Saint-Thomas, qu’il meuble à l’exact identique de leur ancienne chambre. Il demeure à Strasbourg durant toute la période d’occupation. Il ne verra malheureusement pas la libération de sa ville. Il meurt le 25 mars 1944 et est enterré auprès de son frère jumeau au cimetière de Saint-Gall.

L’OEUVRE DES FRÈRES MATTHIS n’a fait jusqu’à ce jour l’objet d’aucune traduction française en volume. Leur œuvre poétique est pourtant considérable : Ziwwelbaamholz (Bois d’oignon, 1901) – Maiatzle (Hannetons, 1903), couverture de Georges Ritleng et Emile Schneider – Widesaft (Sève de saules, 1911), couverture de Maurice Achener – Bissali (Pissenlit, 1923), illustré par Philippe Kamm – D’r klaan Bissali (le Petit pissenlit, 1925) – E busche Bluescht (Un bouquet de branches fleuries, 1925) – Aephai (Feuilles de lierre, 1931) – Fülefüte (Colchiques d’automne, 1937). Une bonne introduction générale à l’œuvre et à la personnalité des frères Matthis est donnée par le numéro que leur a consacré la revue Saisons d’Alsace en 1974 : Albert et Adolphe Matthis, créateurs du lyrisme alsacien, Saisons d’Alsace n° 53, décembre 1974. Numéro réalisé sous la direction d’Alfred Schlagdenhauffen et Raymond Matzen, avec la collaboration de Robert Lutz, Robert Fuchs, Martin Allheilig, René Metz, Jean Braun, Lucienne Lapointe, Gabriel Andrès, Maxime Alexandre et Louis Edouard Schaeffer.

GASTON JUNG a reçu le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2006 pour traduire un choix de poèmes des frères Matthis. Il est né à Strasbourg en 1932. Metteur en scène, écrivain, traducteur, éditeur, il a fondé le Théâtre des Drapiers (1964) et les Éditions du Drapier (1992). Il a enseigné le théâtre au Théâtre National de Strasbourg (TNS), à Paris, à Nice, à Bruxelles et Lisbonne. Il a publié aux Éditions du Drapier quatre ouvrages en prose : Hélas Stanislas, Ylviuys, Schneewitt, Le tortu. Ses livres de poésie sont écrits en français, en alsacien et en allemand. En français, chez Lieux-dits : Trop et Périple. En alsacien : Aanfiirholz (Le Drapier) et Offe Gsaat (Do Bentzinger). En allemand : Ballast (Krautgarten). Un disque a été consacré à ses poèmes : Géraldine Keller chante Gaston Jung (Le Drapier). Il est également l’auteur d’une monographie : Trajectoires (Revue Alsacienne de Littérature). Il a reçu en 1993 le Prix de la Société des Écrivains d’Alsace.
LA TRADUCTION FRANÇAISE DES FRÈRES MATTHIS par Gaston Jung paraît dans le cadre des 1ères Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg sous le titre Bois d’oignon. Poèmes choisis traduits du strasbourgeois et présentés par Gaston Jung. Édition bilingue. Préface de Dominique Huck. Postface de Maxime Alexandre. Biographie et bibliographie. Arfuyen, mars 2006.

Le moineau joue du trombone sur les toits,
Le vent pleure comme si tu le pinçais des dix doigts,
Le charbonnier Auguste tape deux notes trop bas,
Et l’oie des neiges souffle dans son harmonica ;
Et les prés et les champs préparent l’accouchement,
Au tas de betteraves grignotent les souris,
Les arbres ont tous des têtes d’enterrement,
Comme Ève jadis chassée du Paradis.
Le froid vient faire ses compliments, tout en
Raccourcissant les jours, les nuits s’allongeant d’autant,
Et le coq se bagarre même avec les canards pour monter,
Malgré qu’il soit rhumatisant, les marches d’escalier.

Albert Matthis, L’Hiver, extrait des Quatre saisons
(écrit entre 1897 et 1900). Trad. Gaston Jung.

■ Samedi 4 mars, de 10 h à 13 h 00 ■
Autour d’Henri Meschonnic

HENRI MESCHONNIC est né à Paris en 1932, de parents juifs russes venus de Bessarabie en 1924. Il y a ensuite la guerre et la traque. Puis des études de lettres. Un passage de huit mois dans la guerre d’Algérie en 1960. Premiers poèmes parus dans la revue Europe en 1962 : Poèmes d’Algérie. Linguiste, il enseigne à l’université de Lille de 1963 à 1968, puis, de 1969 à 1997, à Paris 8.
L’étude de l’hébreu le mène à entreprendre des traductions bibliques, point de départ d’une réflexion à la fois sur le rythme et sur la théorie générale du langage et du problème poétique : les deux premiers livres, ensemble, Les Cinq rouleaux et Pour la poétique, en 1970. Mais c’est la vie qui mène aux poèmes : le premier livre de poèmes Dédicaces proverbes, reçoit le prix Max Jacob en 1972.
Depuis, tout est travaux en cours : les traductions bibliques, les poèmes, les essais sur la poésie et sur le langage, tous trois inséparablement les aspects différents d’une même activité. En poésie, il reçoit le prix Mallarmé en 1986 pour Voyageurs de la voix. Henri Meschonnic est membre, depuis 1987, de l’Académie Mallarmé.

L’OEUVRE D’HENRI MESCHONNIC est aussi ample par son ambition que par sa variété. Mais c’est l’œuvre poétique qui en est le cœur : Dédicaces proverbes, Gallimard, 1972. Dans nos recommencements, Gallimard, 1976. Légendaire chaque jour, Gallimard, 1979, Voyageurs de la voix, Verdier, 1985. Jamais et un jour, Dominique Bedou, 1986. Nous le passage, Verdier, 1990 ; cassette audio, Artalect, 1990. Combien de noms, L’improviste, 1999. Je n’ai pas tout entendu, Dumerchez, 2000. Puisque je suis ce buisson, Arfuyen, 2001. Infiniment à venir, Dumerchez, 2004. Tout entier visage, Arfuyen, 2005. Dans la recherche inlassable de la justesse du rythme, le travail de traduction des textes bibliques est un prolongement naturel de l’œuvre poétique : Les Cinq Rouleaux : Le Chant des chants, Ruth, Comme ou les Lamentations, Paroles du sage, Esther, traduit de l’hébreu, Gallimard, 1970. Jona et le signifiant errant, Gallimard, 1981. Gloires, traduction des Psaumes, Desclée de Brouwer, 2001. Au commencement, traduction de la Genèse, Desclée de Brouwer, 2002. Les Noms, traduction de l’Exode, Desclée de Brouwer, 2003. Et il a appelé, traduction du Lévitique, Desclée de Brouwer, 2005.
Quant aux essais, ils sont trop nombreux pour en donner ici une liste complète. Ils commencent avec un ensemble bien connu de livres sur la poétique : Pour la poétique, Gallimard, 1970. Pour la poétique II : épistémologie de l’écriture, Poétique de la traduction, Gallimard, 1973. Pour la poétique III : Une parole écriture, Gallimard, 1973. Pour la poétique IV : Écrire Hugo, Gallimard, 1977. Pour la poétique V : Poésie sans réponse, Gallimard, 1978. On citera également : Modernité modernité, Verdier, 1988 ; rééd. Folio Gallimard, 1994. Politique du rythme, politique du sujet, Verdier, 1995. Poétique du traduire, Verdier, 1999. L’utopie du Juif, Desclée de Brouwer, 2001. Spinoza poème de la pensée, Maisonneuve et Larose, 2002. Un coup de Bible dans la philosophie, Bayard, 2004.

CLAUDE VIGÉE est né à Bischwiller (Bas-Rhin) en 1921. Après des études au collège de Bischwiller et au lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg en 1938, il est expulsé d’Alsace avec les siens à la suite de l’occupation nazie. Étudiant en médecine, il participe à l’organisation de la résistance juive à Toulouse de 1940 à 1942. Il publie ses premiers vers dans la revue Poésie 42, chez Pierre Seghers. Réfugié aux États-Unis au début de 1943, il enseigne la littérature française dans diverses universités américaines jusqu’en 1959. En 1950, est publié à Paris son premier livre de poèmes, La Lutte avec l’Ange. En 1954 paraît La Corne du Grand Pardon (Seghers), puis L’Été indien (Gallimard, 1957) et Le Poème du Retour (Mercure de France, 1962). Arrivé en Israël durant l’été 1960, il est nommé professeur de littérature française et comparée à l’Université Hébraïque de Jérusalem, où il enseigne jusqu’en 1983. Les poèmes écrits de 1939 à 1971 paraissent en 1972 sous le titre Le Soleil sous la Mer. Parmi ses récents ouvrages : La Danse vers l’abîme (Parole et silence, 2004), La Lutte avec l’Ange (L’Harmattan, 2005) et Le Vent du retour, poèmes de R. M. Rilke choisis et traduits de l’allemand (bilingue, Arfuyen, 2005).

SERGE PEY est né en 1950 à Toulouse. Fonde en 1975 la revue Émeute, puis Tribu en 1981. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres ainsi que de pièces de théâtre et d’essais. Son art particulier mêle happening, poésie d’action, rituel et agit-prop. Créateur de situations il déplace le poème hors du livre jusqu’à ses plus ultimes conséquences. Fondateur du Festival international des poésies contemporaines de Toulouse, il enseigne la poésie d’action au Centre d’initiatives artistiques de l’Université de Toulouse Le Mirail. Il a reçu en 2001 le prix Yvan Goll. Citons parmi ses livres récents La définition de l’aigle (J. Brémond, 1997), L’enfant archéologue (J. Brémond, 1997), Poèmes hallucinogènes du Peyotl (Lézard, 2002) et, parmi les éditions sonores, L’évangile du serpent (Tribu, 1995) et Nous sommes cernés par les cibles (Serge Pey-André Minvielle, 2002).

BERNARD NOËL est né à Sainte-Geneviève-sur-Argence (Aveyron) en 1930. Les événements qui l’ont marqué sont ceux qui ont marqué sa génération : explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Vietnam, découverte des crimes de Staline, guerre de Corée, guerre d’Algérie…
Ces événements portaient à croire qu’il n’y aurait plus d’avenir. D’où un long silence, comme authentifié par un seul livre, Extraits du corps (Minuit, 1958). Pourquoi je n’écris pas ? est la question sans réponse précise qui équilibre cette autre : Pourquoi j’écris ? devenue son contraire depuis 1969. Parmi les livres récents (tous aux éditions POL), on citera : Treize cases du je, 1998. La Maladie du sens, 2001. La Face de silence, 2002. La Peau et les Mots, 2002. Romans d’un regard, 2003. Un trajet en hiver, 2004. Les yeux dans la couleur, 2004.

mes amis sont tous ceux qui vivent de vivre
de donner à vivre
dans un monde
de ceux qui vivent la mort
Henri Meschonnic, Et la terre coule (2006)

■ Samedi 4 mars, de 15 h à 17 h ■
Autour d’Antonio Gamoneda
ANTONIO GAMONEDA est né à Oviedo (Galice) en 1931. Après la mort de son père, sa mère s’installe avec son fils à León, en 1934. Tous deux vivent dans la banlieue ouvrière, à la limite indécise du monde urbain et du monde rural. Au milieu de difficultés matérielles de toutes sortes, ils sont témoins de la sanglante répression de la guerre civile et de l’après-guerre. Sans avoir pu terminer ses études, Gamoneda entre, en 1945, comme coursier dans les bureaux d’une banque où il va travailler, à différents postes, pendant vingt-quatre ans. Pendant les années 50 et 60 il partage sa vie entre formation d’autodidacte et travail d’écriture, d’une part, et, de l’autre, un actif militantisme anti-franquiste au sein d’un groupe d’amis que suicides, folie et déchéance finiront par disperser. En 1969, il commence à travailler aux services culturels de la province de León : il crée et dirige la collection « Provincia » tout en animant un prestigieux centre d’expositions, avant qu’une décision judiciaire l’oblige à abandonner ce travail pour manque de titres universitaires. Il devient gérant de la Fundación Sierra-Pambley, organisme voué à l’éducation des paysans et des ouvriers. Le prix Castilla et León des Lettres lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre et il a reçu le Prix National de Poésie pour Edad en 1988.

L’OEUVRE D’ANTONIO GAMONEDA est l’une des plus marquantes de l’Espagne d’aujourd’hui. Œuvre volontairement restreinte cependant et concentrée en peu de recueils d’une exceptionnelle vigueur : La tierra y los labios (La terre et les lèvres, 1953), Sublevación inmóvil (Soulèvement immobile, 1960), Descripción de la mentira (Description du mensonge, 1977 et 1986), León de la mirada (León du regard), Blues castellano (Blues castillan, 1982), Lápidas (Pierres gravées, 1986), Edad (Âge, 1986), Libro del frío (Livre du froid, 1992), Libro de los venenos (Livre des poisons, 1995), ¿Tú ? avec Antoni Tápies (Froid des limites, 1998), Arden las pérdidas (Clarté sans repos, 2003), Reescritura (Réécriture, 2004), Cecilia (Cecilia, 2004) et Esta luz. Poesía reunida 1947-2004 (Cette lumière. Poésie complète 1947-2004, 2004). Gamoneda distingue dans son œuvre trois étapes : la première (1947-1959), où la présence de la mort coexiste avec un ardent désir de vivre ; la seconde (1961-1966), essentiellement représentée par Blues castillan, où l’écriture se rapproche du présent vécu ; enfin la période actuelle, inaugurée par Description du mensonge (1976) qui ouvre à ce qui constitue sans doute les œuvres majeures d’Antonio Gamoneda : Livre du froid (1992) et Clarté sans repos (2003), auquel il faut ajouter Froid des limites, repris dans la toute récente édition revue et augmentée de Libro del frío. La poésie de Gamoneda n’a sans doute jamais regardé avec un si rigoureuse lucidité, non exempte d’une dramatique angoisse, l’approche de l’abîme. Elle n’est pourtant ni débilitante ni désespérante. Solitude et silence, angoisse et agonie s’y trouvent transfigurés par l’intensité d’un désir qui ne veut pas se rendre et continue à chanter – à brûler – au cœur même de l’obscurité.

LES TRADUCTIONS EN FRANÇAIS de l’œuvre d’Antonio Gamoneda ont commencé de paraître depuis une dizaine d’années. La quasi-totalité des livres a aujourd’hui été traduite. Malgré cela, cette œuvre majeure est aujourd’hui encore si largement méconnue en France que l’anthologie de la poésie espagnole récemment parue dans la collection de la Pléiade l’ignore superbement. Parmi les traductions d’Antonio Gamoneda par Jacques Ancet, on citera : Pierre gravées (Lettres Vives, 1996), Froid des limites (Lettres Vives, 1999), Blues castillan (Corti, 2004), Description du mensonge (Corti, 2004) et Passion du regard (Lettres Vives, 2004). Parmi les autres traductions en français on citera également : Livre du froid, traduit par Jean-Yves Bériou et Martine Joulia (Antoine Soriano éd., 1996) et De l’impossibilité, traduit par Amelia Gamoneda, avec des gravures de Jean-Louis Fauthoux et une préface de Salah Stétié (Fata Morgana, 2004).

CLARTÉ SANS REPOS (ARDEN LAS PERDIDAS) est le dernier grand livre d’Antonio Gamoneda, peut-être le plus désespéré et, en même temps, le plus fort et le plus lumineux de tous. À l’occasion des présentes rencontres, il paraît aujourd’hui en édition bilingue. « Peut-on tirer une énergie du désespoir ? s’interroge Jacques Ancet, son traducteur. Un désir, malgré tout, d’aimer le monde quand tout nous en éloigne ? Peut-on faire de la disparition, du vieillissement et de la mort la pierre de touche de l’existence ? Il semblerait que oui, à la lecture de Clarté sans repos. Car ce qui brûle ici ne se consume pas mais se transfigure. Comme si, sous les émotions, les sentiments et les thèmes trop visibles, passait une force de vie telle qu’elle ne cessait de nous mettre au présent. Malgré son évanescence – dans son évanescence même : ‘‘Je vois l’ombre dans la substance rouge du crépuscule. / Je ferme les yeux / Les limites brûlent.’’ Seule ce qu’on appelle poésie est capable de ce paradoxe : faire parler ce qui se tait, tirer la parole du mutisme, des ténèbres la lumière. »
JACQUES ANCET est l’auteur d’une trentaine de livres (poèmes, proses, romans, essais), mais aussi le traducteur et l’introducteur en France de quelques-uns des plus grands noms de la poésie et de la littérature de langue espagnole. Parmi ses traductions on citera : Jean de la Croix, Nuit obscure, Cantique spirituel (Poésie/Gallimard, 1997), Ramón Gómez de la Serna, Le Livre muet et Lettres aux hirondelles et à moi-même (André Dimanche, 1998 et 2006), Vicente Aleixandre, La destruction ou l’amour (Fédérop, 1975), Luis Cernuda, Les plaisirs interdits et Un fleuve un amour (Fata Morgana, 1981 et 1985), Ocnos (Cahiers des Brisants, 1987), Xavier Villaurrutia, Nostalgies de la mort (Corti, 1991), María Zambrano, Philosophie et poésie (Corti, 2003), José Ángel Valente, une vingtaine de livres aux éditions Unes, Corti et Gallimard.
D’ascendance provençale par son père et alsacienne et égyptienne par sa mère, Jacques Ancet est né en 1942 à Lyon où il vit jusqu’à l’âge de 25 ans. Licencié d’espagnol puis « lecteur » à l’université de Séville, il passe l’agrégation d’espagnol et il sera professeur pendant trente-quatre ans dans le secondaire et en classes préparatoires. Les années 70 et 80 sont celles des rencontres et de l’amitié : pour la traduction José Angel Valente, pour l’écriture Bernard Noël, pour la pensée du poème Henri Meschonnic. Ce sont aussi, dans la région Rhône-Alpes, les années des spectacles d’initiation à la poésie contemporaine et, à Annecy et de l’animation d’un cycle de lectures-rencontres. Il a reçu en 1992 le prix Nelly Sachs et en 1994 le prix Rhône-Alpes du Livre.

Au point où en sont les choses, de quelle clarté perdue venons-nous ? Qui peut se souvenir de l’inexistence ? Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d’aubépines. Il n’y a rien au-delà de l’ultime prophétie. Nous avons rêvé qu’un dieu nous léchait les mains : nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,

la folie est parfaite.

Antonio Gamoneda
Clarté sans repos. Trad. Jacques Ancet.

Publié dans : Non classé | le 11 mars, 2006 |1 Commentaire »

AUTOUR DES LAURÉATS 2005

AUTOUR DES LAURÉATS 2005 DES PRIX DE LITTÉRATURE NATHAN KATZ

Jean Mambrino

Aimée Bleikasten
traductrice
de Jean Hans Arp

 

EXPOSITIONS, RENCONTRES, LECTURES, CONFÉRENCES, DIALOGUES

DU JEUDI 3 MARS AU MARDI 8 MARS 2005

Avec le partenariat de la DRAC Alsace du Crédit Mutuel
et de l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA)
Remerciements : Association Ouï Lire – Bibliothèque Médiathèque de Mulhouse – Bibliothèque de Strasbourg BMS – Bibliothèque Nationale Universitaire BNUS – Couvent des Dominicains – Éditions Arfuyen –Librairie Kléber – Lycée Jean Geiler – Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg – Revue Alsacienne
de Littérature
– Théâtre National de Strasbourg TNS

jeanmambrinostrasbourg3jpg.jpgJean Mambrino est né à Londres en 1923. René Char fait publier ses premiers poèmes dans la prestigieuse revue italienne Botteghe Oscure et Jules Supervielle son premier recueil, Le Veilleur aveugle, au Mercure de France, en 1965. Trois amitiés marquent sa vie : Simenon, André Dhôtel et Henri Thomas. Il est l’auteur d’une vingtaine de recueils publiés pour la plupart chez José Corti. Il a traduit plusieurs œuvres majeures de la poésie anglaise moderne et publié aux Éditions Phébus plusieurs volumes d’essais sur les écrivains du xxe siècle. 

JEUDI 3 MARS 2005
18 h 30
Lire comme on se souvient
Jean Mambrino lecteur, entretien avec Jacques Lindecker
dans le cadre du Café littéraire
Bibliothèque-Médiathèque de Mulhouse
19, Grand Rue, 68100 Mulhouse
Tél. 03 89 46 52 88

VENDREDI 4 MARS 2005
15 h
Rencontre avec Jean Mambrino, dialogue avec les élèves
Lycée Jean Geiler
14, rue des Bateliers, 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 14 31 43 
portraitjeanarp1957.jpgVENDREDI 4 MARS 2005 20 h
Jean Hans Arp, poète et plasticien
conférence par Aimée Bleikasten
Auditorium
du Musée d’Art Moderne et Contemporain
1, place Hans Jean Arp, 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 23 31 17

SAMEDI 5 MARS 2005
15 h Présentation des ouvrages des Lauréats 2005
Première lecture de
L’abîme blanc de Jean Mambrino
Sable de lune de Jean Hans Arp
traduit par Aimée Bleikasten.
Proclamation des Lauréats 2006
Prix de Création et Prix du Patrimoine
Librairie Kléber 1, rue des Francs-Bourgeois, 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 15 78 90

17 h 30
Exposition Arp poète
éditions originales et bibliophiliques de la BNUS
Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg – BNUS
6, place de la République, 67000 Strasbourg Tél. 03 88 25 28 10

20 h
Dîner Wynstub
avec les Lauréats et les membres du Jury
Merci de réserver vos places au nom du Prix de Littérature Nathan Katz au Restaurant Strissel (prix unique 20 €)
Restaurant Strissel
5, place de la Grande Boucherie, 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 32 14 73

DIMANCHE 6 MARS 2005
15 h 30
De Julienne de Norwich à Marie de la Trinité
un parcours spirituel avec Jean Mambrino
Couvent des Dominicains
41, bd de la Victoire, 67000 Strasbourg
Tél. : 03 88 21 24 12

LUNDI 7 MARS 2005
20 h
De Bernard-Marie Koltès à Roger Planchon
Jean Mambrino, la passion du théâtre
Bar du TNS
avenue de la Marseillaise, 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 24 88 61

Toute sa vie Jean Mambrino a eu la passion du théâtre. Critique dramatique de la revue Études depuis plus de trente ans et sans doute doyen de la profession, il continue d’aller voir de nouvelles créations trois ou quatre fois par semaine. Professeur de théâtre à Metz, Jean Mambrino y a eu pour élève Bernard-Marie Koltès. Durant plusieurs années, il l’a accompagné et soutenu dans son itinéraire de formation. À travers ses souvenirs et des extraits de leur correspondance, il nous décrit le jeune homme qu’il a connu.  Avec Roger Planchon avec qui il est lié d’une très ancienne et solide amitié, il a eu récemment à la radio de mémorables entretiens.  De Bernard-Marie Koltès à Roger Planchon, ce sont toutes les étapes d’une vie de découvertes et d’émerveillements de théâtre que nous livre l’un des plus grands poètes de notre temps, Lauréat 2005 du Prix de Littérature Nathan Katz. MARDI 8 MARS 200520 h
Jean Mambrino poète
lecture présentée par l’Association Ouï Lire
BMS-Neudorf
Place du Marché, 67100 Strasbourg
Tél. 03 88 41 45 00
DU 8 AU 21 MARS 2005
Exposition Jean Mambrino
livres, manuscrits et documents
BMS-Neudorf

Publié dans : Non classé | le 11 mars, 2005 |4 Commentaires »

un sourire ne coûte rien |
passionmanuelleacro |
Hocine Hettal Artiste Peintre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | images phrases bijoux
| TristanIseut
| MASSOU VANNERIE